Les vieilles rassis

29 octobre, 2006 at 8:09 | In Uncategorized | No Comments

J’en rencontrée hier la célèbre vieille de supermarché, celle qui, de sa vieillesse, s’est faite une armure compacte bousculant et écrasant les autres clients.

En fait, à moi qui n’en avait jamais vu, elles furent deux à tenter leur manège. Il faut dire qu’elles raffolent des supermarchés de luxe où les mesquines portions comblent leur maigre appétit et leur esprit d’économie tout en leur permettant de se croire encore importante et puissante.
C’était à la boulangerie. Un de ces vieilles décaties, la lippe et les yeux pendants, les vétements approximatifs s’est calé devant moi dans la queue, et s’est adressée à la vendeuse avec toute l’assurance de ses vieux os. La vieille nous fit alors partager les misère de sa vieillesse et de ses mauvais dents, elle s’est enquis du pain de mie qui restait, puis examina la molesse des miches restantes.
Je me sentais presque humiliée de n’avoir pas pu défendre ma place et je tentais de raisonner ma mauvaise humeur pendant que la vendeuse pressait un pain avec enthousiasme pour la convaincre que ses vieilles dents y trouverait toute la douceur nécessaire.
Et alors que la vendeuse prononca la phrase rituelle, la tentation quotidienne à notre politesse et notre honneteté, “c’est à qui ?”, la salope de vieille qui était derrière moi depuis le début et qui m’avait regardé à s’en faire exploser les yeux VOULUT SE FAIRE SERVIR ! Là, j’ai protesté et je vis dans son regard, transpercant son air faussement innocent, un peu de surprise et un certain respect, le regard d’estime du chasseur pour la proie qui lui a échappé.
Peut-être est-ce un des rares plaisirs qui leur reste, resquiller dans les queues…

L’ile des pingouins

6 août, 2006 at 11:52 | In Poussières de bibliothèque | No Comments

Pour moi, Anatole France est un de ces auteurs tombé dans les oubliettes dont le nom ne survit que par sa gloire passée et l’admiration incontestée de ses contemporains. Ce que je savais sur lui se résumait à une anecdote scientifique. Ayant légué son cerveau à la Science, et celui-ci s’étant révélé d’une taille ridicule, le brave homme prouvait qu’il était possible d’être prix Nobel de Littérature avec un organe cérébral plus digne d’un australopithèque qu’un génie.
Cependant, la considération dont il jouissait en son temps m’intriguait et surtout il était vanté pour l’excellence de son style, chose à mes yeux essentielle pour un écrivain et je me réjouissais de cette découverte.

J’avais donc commencé à lire “L’ile des Pingouins” il y a quelques années dans ma vingtaine débutante, alors qu’elle arrive maintenant presque à son terme. J’avais jugé alors, avec l’innocence infaillible de la jeunesse, le livre sans intérêt, la fable transparente et le style lisse et faible. Bref, j’étais décue.

Et puis au hasard d’une pérégrination sur le net, un article faisait mention d’un des personnages de l’île des pingouins, ce qui m’a poussé à reprendre le roman.
C’est une fable où comme de coutume les animaux empruntent les oripeaux des hommes, içi, des pingouins se retrouvent transformés en homme par la grâce du baptême administré par un saint trahi par la vieillesse. Les volatiles, maintenant doté d’une âme immortelle par Dieu soucieux de respecter l’ordonnance du monde, débutent donc leur merveilleux voyage vers la civilisation. Et dans celle-ci, il est bien difficile de ne pas y retrouver l’histoire de France.
Le pays pingouinesque vit donc l’apparition de la noblesse, les gestes héroiques des saints et de son premier roi, l’âge bienheureux de la tutelle de l’église. Et tout en affectant le ton d’un historien impartial, Anatole France rattache l’édification de la noblesse à un bon coup de massue assené par un pingouin plus musculeux que son voisin. Les origines de la royauté ne sont pas moins viles, un couple de pingouins un peu plus malins et surtout moins crédules que les autres, débarrassent le pays d’un dragon qu’ils ont eux même fabriqué, ce qui leur permet à l’un d’être couronné roi et à l’autre de devenir Sainte. Ayant ainsi sapé, avec une innocence feinte, la légitimité de l’Ancien régime, l’ironie de l’auteur se fait plus intransigeante. La Révolution et la période Napoléonienne sont traitées sans compassion. La caricature du siècle suivant est encore moins aimable, et le livre continue ainsi sur ce ton, avec l’affaire Dreyfus et une guerre mondiale, jusque dans une époque future, qui pourrait correspondre à la notre.

En résumé, c’est un livre drôle et efficace. L’ile des pingouins a les couleurs vives d’un conte de fée, les personnages sont attachants et risibles et les histoires cocasses.
Les événements historiques trouvent des explications irrévérencieuses et prosaïques. J’ai aimé comment France est capable de retisser la toile de l’histoire grâce à des motifs simples, la cupidité, la soif de pouvoir, de distinction, l’aveuglement religieux. Cette analyse sans concession de l’histoire d’un peuple peut être jugée subjective et simpliste, mais le charme du roman réside justement dans ce naturel faussement candide.
Quand au style, j’ai été un peu décue il ne fait pas parti de ces styles flamboyant qui se remarquent, il s’efface humblement devant le conte mais ce sont sa netteté et sa clarté qui donne à ce roman sa limpidité.

Les titres loufoques du Monde

3 août, 2006 at 2:47 | In Les canaux officiels | No Comments

En direct de la bourse aux morts, le journal de référence nous indique “Chute record de roquettes sur Israël qui poursuit son opération terrestre.”
Les manchettes du Monde m’étonnent toujours par leur comique involontaire.
Par ailleurs, “Chirac, légèrement affaibli, menace toujours de se transformer en cyclone”. Non, là c’est moi qui était mal réveillée, c’est Chris et non Chirac dont il est question. Cela reste toujours aussi ridicule.

Oxymorons dangereux

1 août, 2006 at 11:36 | In Islam, Notre bon vieux monde | 1 Comment

Il s’est tenu le 14 et le 15 mars 2002 une conférence, aux Nations Unies de Genève, bravement nommée “Symposium des Droits de l’Homme dans l’Islam”.
La conclusion d’un des intervenant fut : “L’Islam apporte une nouvelle dimension bénéfique aux droits de l’Homme, puisque, à la différence des organisations internationales, il leur attribue une source divine ajoutant ainsi une incitation morale à les respecter”

Belle supercherie qui consiste a renforcer en apparence les droits fondamentaux de tout être humain en faisant référence à des dogmes religieux, procédé sapant les bases même des Droits de l’Homme.

Source : http://www.thehoya.com/viewpoint/111202/view_litman.cfm

Les turpitudes d’un tour

27 juillet, 2006 at 10:06 | In Notre bon vieux monde | No Comments

Voilà, le tout récent et tout nouveau vainqueur du tour de France était dopé.
Pourtant, c’était un tour propre, sain, nettoyé des brebis galeuses imprégnées de substances illicites, dès avant le signal du départ. On nous avait expliqué que c’était un nouveau départ, que tout changerait, que ces pratiques malhonnêtes qui salissaient l’image du sport, c’était, juré craché, fini. Plus de complaisance, on serait intraitable. Que revive le sport !
Et la composition du podium a changé, radicalement, flétrissant d’un coup les gloires passées. Les anciens Dieux de la petite reine n’étaient donc que juchés sur des boites de médicament.
Tout cela pour en couronner de nouveaux aussi factices que les anciens, et même, il semblerait plus nigauds.
Bref, cela ressemble furieusement à Sodome et Gomorrhe. Reste-t-il au moins un coureur sans adjuvant chimique pour sauver le tour ?

Enfin, la vérité est que je n’ai jamais accordé au Tour de France plus d’attention que le temps d’un regard détourné pas assez vite à la fin le JT. C’est un sport laid, des hommes pliés sur des objets auquels il manque une troisième dimension, pédalant frénétiquement les cuisses gonflées à l’hélium et striées par le short en lycra moulant, au sein d’une masse compacte de congénères, gracieuse comme la course affolée d’un troupeau de bisons.
Donc que ces malheureuses créatures s’usent prématurément la santé à coup de bidons d’excitants et de gonflants, que pour un bout de chiffon jaune certains y laisse, non pas comme le taureau la queue, mais le reste, ne me fera pas craindre pour la beauté et la noblesse du sport à 2 roues.

Au contraire, que l’on légalise le dopage, il ne reste plus que cette mesure de réaliste. Que l’on annonce avec fierté les sponsors occultes de coureur à grand renfort de publicité ! Cela serait du grand spectacle, la présentation des coureurs avant le départ.
Journaliste : Alors Uan, tout le public attend les nouveautés de cette année. Qu’avait vous décidé ?
Alrich : Non, j’étais décu l’année dernière. Trop de nouveautés. J’ai décidé de rester fidèle à mon pot-pourri belge qui m’a si bien réussi les années passés. J’ai cet avantage d’être plus sensible au dopage classique que mes concurrents…
Journaliste : Et vous, Gérard ?
Unenque : Ah, moi, j’ai été parlé. Je peux rien dire que du secret sur ma préparation.
Journaliste : Ah que le public va être décu par les deux grandes stars du peloton ! Enfin, je peut d’ore et déjà vous dire qu’un outsider aurait la chance de bénéficier dispositif ultratechnologique qui lui permet d’enflammer ses hémorroïdes pour gagner jusqu’a 0,01 km/h. Peut-être un avantage décisif ? Enfin, que de suspense ? Ah le sport ! Ah le Tour !

Avec un peu de chance, les couteux sacrifices consentis pour quelques mètres de macadam feront avancer la Science.
Et puis il suffira de créer des courses spéciales pour ceux qui souhaitent rester propre.

L’or des pauvres

3 juillet, 2006 at 1:57 | In Un monde moderne | No Comments

The Guardian, journal anglais teinté à gauche, décrit comment la politique du New Labour a favorisé le développement d’entreprises privées opérant dans les services sociaux.
Ces géants du secteur de la pauvreté ont des chiffres d’affaire tout à fait conséquent, de l’ordre de plusieurs millions d’euros.

D’où l’interrogation, sans parler de la question morale, un peu génante de faire du profit sur la misère, comment ces magiciens du capitalisme génèrent-ils leur profits ?
Les dividendes payés et autres ne sont-ils pas simplement détournés de leur but originel ?
L’efficacité de ces mastodontes de la charités ne pourrait-elle pas être adopté sans difficultés par les services de l’état ou à les fondations sans but lucratif ?

http://politics.guardian.co.uk/publicservices/story/0,,1811201,00.html?gusrc=rss

Scène de ménage francobritannique.

1 juillet, 2006 at 7:02 | In Notre bon vieux monde | No Comments

Un livre relatant les souvenirs du psychanalyste de Mitterand contient une petite scène cocasse et horrible, ayant pour décor la guerre des Malouines.
On y voit un président de la France arrivant en retard chez son psy, secoué et rendu furibard par Mme Tatcher. C’était la crise chez les grands de ce monde.
Ainsi donc, sous les ors de l’Elysée, le président français s’était sévèrement fait soufflé dans les bronches par le premier ministre de sa majesté. L’ire de l’auguste dame pouvait se justifier, un navire britannique ayant été coulé par les soins efficaces de l’armement français.
Et Mitterrand, visiblement paralysé par la colère déferlante de la dame de fer a donc donné les codes permettant de neutraliser les missiles français.
Mais on sent son orgueil fouetté par la scène, et il se répand en justifications et traite assez facilement son homologue d’hystérique et de folle.
Car, dans sa rage, la Dame avait menacé de vitrifier Buenos Aires pour venir à bout des Argentins, si elle n’obtenait pas ses bloodiiii codes ! Mitterrand a cru cette menace, il évoque le doigt métallique de la mégère sur le bouton rouge nucléaire, et il en est presque touchant.
Pour apaiser son amourpropre blessé, il se console à la pensée d’avoir arraché l’accord sur le tunnel sous la manche mettant, enfin, lui, après tant de conquérants malheureux, définitivement fin à l’isolement superbe du Royaume-Uni et à son destin arrogant.

Le lien de l’article du Guardian.
http://books.guardian.co.uk/news/articles/0,,1647764,00.html

Sauvez Batterye

28 mai, 2006 at 11:35 | In Made on a Mac | No Comments

Vous êtes l’heureux possesseur d’un nouveau portable ? Toutes mes félicitations.

Et pour éviter les condoléances dans quelques mois quand la batterie sera fichue, mieux vaut enlever la batterie dès que l’ordinateur est branché sur secteur.

Une batterie de portable a une durée de vie limitée et les décharges incomplètes l’usent prématurément.

Ce n’est jamais écrit dans la notice du portable et pourtant, c’est bien utile à savoir.

L’europe et la lutte des fraises

28 mai, 2006 at 11:13 | In EU/Europe, Un monde moderne | No Comments

Entendue dans l’emission de Jean-Pierre Coffe, dont l’apolitisme ne peut pas être mis en doute (par intégrité pour le lecteur, je lui signale que le mien si :) ).

L’association des producteurs français de fraises a été priée par l’Europe de cesser d’utiliser l’appelation “Fraises de France” car mettre en avant l’origine nationale d’un produit fut-il agricole pour le promouvoir n’est pas convenable à l’heure du grand marché européen.

Je vous entend déjà hurler contre l’ignoble pression de l’uniformisation imposée par ces instances etc etc … Ou alors, si vous être de l’autre bord, soupirer contre la mesquinerie qui me fait mégoter les formidables bienfaits de l’Europe.

Seulement, et c’est là le sel de l’histoire, les appellations régionales sont autorisées.
En clair, une fraise qui ne peut se targuer de son origine francaise peut vanter sa naissance périgourdine.

Espérons qu’il ne vienne pas aux institutions européennes l’audace d’étendre ces coups de gomme au fait national au delà des fruits et légumes, aux citoyens français par exemple…

Le Monde anime les sciences

25 mai, 2006 at 12:43 | In Les canaux officiels | No Comments

Mercredi 24 mai les titres de la rubrique science du monde.fr était singulièrement évocateur.

SCIENCES
Une initiative pour soigner les maladies délaissées des pays pauvres | Nécrologie
La momie d’une femme chamane émerge d’une tombe gelée de Sibérie
Le chikungunya suivi à la trace grâce à son génome | Compte rendu

Entre un accès de sincérité sur ces bonnes intentions qui font l’actualité et une folle investigation sur une bactérie trotteuse, le retour des morts vivants sur le site du monde ?

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